Hallux Valgus : opération en chirurgie du pied

Il s’agit d’une déformation de l’avant-pied situé sur le gros orteil associant un déséquilibre musculaire et tendineux de l’avant-pied.

Les causes

Il y a quatre causes d’hallux valgus :

  • prédispositions congénitales : l’hallux valgus n’est pas une maladie héréditaire qui se transmet obligatoirement sur la descendance, cependant on retrouve souvent (30 % des cas), une tendance familiale à la déformation du gros orteil en valgus.
  • prédisposition féminine : sur 100 hallux valgus, cinq se retrouvent chez l’homme et 95 chez la femme, dont la souplesse, voir la laxité articulaire est bien supérieure à celle des hommes.
  • longueur du premier orteil et son conflit avec la chaussure
  • chaussures féminines à bout pointu.

Suivant la longueur du premier orteil par rapport au second on distingue les pieds grecs (premier orteil plus court : 11 %), les pieds carrés (27 %), les pieds égyptiens (gros orteil plus long 62 %). La chaussure féminine à bout pointu a tendance à rabattre le gros orteil vers le second. Plus le gros orteil est long, plus il est rabattu et c’est ainsi qu’il existe beaucoup d’hallux valgus sur des pieds égyptiens.

Hallux valgus

Les conséquences douloureuses

  • Conséquences directes au niveau de la « bosse » ou « oignon ».
  • Conséquences indirectes : orteil en griffe, pied rond antérieur.

L’Hallux valgus et ses conséquences représentent 90 % de la pathologie de l’avant-pied.

La technique chirurgicale de l'hallux valgus et la réduction des déformations

Le principe essentiel n’est pas de se contenter de « raboter la bosse », mais de s’attaquer à la cause, c’est-à-dire réduire l’angle metatarso-phallangien.
Pour cela, il faut ramener le premier métatarsien vers le second, et la phalange du gros orteil dans son prolongement. Pour parvenir à réduire cet angle, l’intervention consiste en une ostéotomie de translation latérale des deux fragments, ceux-ci étant fixé au moyen d’une vis et d’une agrafe.

L'intervention chirurgicale

Elle est d’une durée moyenne de 30 minutes, elle n’est pas douloureuse grâce à l’anesthésie loco-régionale qui vous sera faite par le médecin anesthésiste sous contrôle échographique (durant l’intervention le pied ainsi que le mollet et la cheville sont endormis par un anesthésique local et supprime ainsi toute sensation douloureuse).
Il s’agit d’une intervention réalisée en ambulatoire (vous sortez le jour de l’opération à la maison).

La technique de l’accompagnement du patient au cours de la chirurgie par l’hypnose est pratiquée par certains médecins anesthésistes de la clinique, si vous êtes interessé par cette technique n’hésitez pas à me la préciser afin de pouvoir organiser une consultation pré-anesthésique en vue de votre chirurgie.

Le jour de l’opération, il faudra prévoir de vous faire accompagner pour le retour à la maison et de vous munir de cannes canadiennes pour vous aider à vous déplacer le premier jour.

Après l’intervention, et durant une période de 4 semaines vous vous déplacerez à la maison avec une chaussure à appui talonnier qui vous sera prescrit en consultation préopératoire. Vous ne pourrez donc pas conduire durant cette période mais vous pourrez vous déplacer sans difficulté sur des trajets courts (pas de sport ni randonnée pédestre).

Les suites postopératoires

Les douleurs postopératoires qui faisaient la réputation de cette intervention ont pratiquement disparues aujourd’hui grâce aux techniques d’anesthésie loco-régionale avec mise en place d’un cathéter tunnelisé permettant, dès le retour à la maison, l’intervention d’une infirmière et la réinjection du cathéter, un peu comme si vous étiez encore hospitalisés mais à la maison.

La lutte contre l’œdème : vous devrez vous ménager dans la journée du temps nécessaire pour rester alité les pieds surélevés en dehors du temps nécessaire pour faire quelques pas dans votre chambre dans le couloir et des heures de repas et de la toilette.

Les déplacements : ils sont autorisés avec la chaussure à appui talonnier le jour de l’intervention. Cette chaussure devra être portée durant quatre semaines après l’intervention. Bien entendu cette chaussure ne vous permet pas la reprise de la conduite automobile.

Le pansement : il sera fait le jour de l’intervention, puis sera refait régulièrement par votre infirmière à domicile jusqu’à l’ablation des fils cutanés.

Les traitements postopératoires : un traitement antalgique et anti-inflammatoire vous sera indiqué pour lutter contre la douleur et un traitement anticoagulant pour une durée de 21 jours pour éviter tout risque de thrombophlébite.

Les complications

  • L’œdème : il est habituel, il n’est pas vraiment considéré comme une complication, son importance et sa durée sont variables. Pensez à bien conserver des périodes dans la journée pendant lesquelles les membres inférieurs seront surélevés.
  • Les infections : elles seront d’autant plus fréquentes chez les patients qui sont des patients tabagiques ou chez les patients qui présentent des facteurs de risque comme le diabète.
    L’infection bactérienne nécessite souvent une reprise chirurgicale avec nettoyage de l’abcès et parfois ablation du matériel d’ostéosynthèse associée à un traitement antibiotique prolongé. il peut provoquer des douleurs résiduelles et un enraidissement du pied du gros orteil.
    Pour les fumeurs il faudra prévoir l’arrêt du tabac un mois avant l’intervention et la reprise un mois après l’intervention.
  • L’algodystrophie : c’est une complication imprévisible. Elle est traduite par une douleur à l’appui du pied. C’est une complication rare qui sera traitée par des injections de Calcitonine.
  • L’enraidissement du pied : complication très rare (6 % des cas environ). L’enraidissement devient gênant que lorsqu’il existe une arthrose du gros orteil préexistant.
  • La récidive de la déformation : la récidive est définie par la réapparition de la déformation.
    Elle survient en général avant la fin de la deuxième année la fréquence atteinte environ 10 à 12 % des cas.
  • L’excès de correction postopératoire : sa fréquence varie de un à 5 % selon les séries, le traitement est difficile et aboutit souvent à la reprise opératoire et à une arthrodèse du gros orteil.

Les complications neurologiques liées à la pratique de l’anesthésie loco-régionale : extrêmement rare du fait de l’utilisation d’échographie lors du geste anesthésique, la paralysie du nerf sciatique (branche poplité externe) peut laisser des séquelles invalidantes (paralysie du pied, des releveurs de la cheville, troubles sensitifs, gène à la marche pour conduire..).

Vous pourrez de nouveau porter vos chaussures de ville habituelles 2 mois après l’intervention et être bien dans vos chaussures sans y être trop serré dans un délai de quatre à six mois après l’intervention, l’intervention sera oubliée au bout d’un an.

La conduite d’une automobile est autorisée au bout de six semaines.

L’arrêt de travail est en moyenne de 6 semaines.

Une chirurgie des deux pieds est possible en fonction de votre demande.