Le Névrome de Morton : opération en chirurgie du pied

Il est dû à une compression d’un nerf digito-plantaire dans un canal étroit situé entre les têtes métatarsiennes, il s’exprime cliniquement par une douleur très aiguë, passagère, survenant le plus souvent à la marche, et vous obligeant à vous déchausser. Le névrome siège le plus souvent entre le troisième et le quatrième rayon mais peut exceptionnellement siéger entre le deuxième et troisième rayon.

L'intervention chirurgicale

Elle est d’une durée moyenne de 30 minutes, elle n’est pas douloureuse grâce à l’anesthésie loco-régionale qui vous sera faite par le médecin anesthésiste (durant l’intervention le pied ainsi que le mollet et la cheville sont endormis par un anesthésique local et supprime ainsi toute sensation douloureuse).
Il s’agit d’une intervention réalisée en ambulatoire (vous sortez le jour de l’opération).
Le jour de l’opération, il faudra prévoir de vous faire accompagner pour le retour à la maison et de vous munir de cannes canadiennes pour vous aider à vous déplacer le premier jour.

L’intervention consiste à décomprimer l’espace inter-métatarsien, retirer le névrome et réaliser une ostéotomie de recul du métatarsien douloureux.

Après l’intervention, vous vous déplacerez à la maison avec une chaussure à appui talonnier qui vous sera prescrit en consultation préopératoire.

Les complications classiques

  • L’œdème : il est habituel, il n’est pas vraiment considéré comme une complication, son importance et sa durée sont variables. Pensez à bien conserver des périodes dans la journée pendant lesquelles les membres inférieurs seront surélevés.
  • Les infections : elles seront d’autant plus fréquentes chez les patients qui sont des patients tabagiques ou chez les patients qui présentent des facteurs de risque comme le diabète.
    L’infection bactérienne nécessite souvent une reprise chirurgicale avec nettoyage de l’abcès et parfois ablation du matériel d’ostéosynthèse associée à un traitement antibiotique prolongé. il peut provoquer des douleurs résiduelles et un enraidissement du pied.
    Pour les fumeurs il faudra prévoir l’arrêt du tabac un mois avant l’intervention et la reprise un mois après l’intervention.
  • L’algodystrophie : c’est une complication imprévisible. Elle est traduite par une douleur à l’appui du pied. C’est une complication rare qui sera traitée par des injections de Calcitonine.
  • L’enraidissement du pied : complication très rare (6 % des cas environ). L’enraidissement devient gênant que lorsqu’il existe une arthrose du gros orteil préexistant.
  • La persistance d’une sensation d’anesthésie de l’orteil concerné par le névrome.

Les suites postopératoires

Les douleurs postopératoires qui faisaient la réputation de cette intervention ont pratiquement disparues aujourd’hui grâce aux techniques d’anesthésie loco-régionale avec mise en place d’un cathéter tunnelisé permettant, dès le retour à la maison, l’intervention d’une infirmière et la réinjection du cathéter, un peu comme si vous étiez encore hospitalisés mais à la maison.

La lutte contre l’œdème : vous devrez vous ménager dans la journée du temps nécessaire pour rester alité les pieds surélevés en dehors du temps nécessaire pour faire quelques pas dans votre chambre dans le couloir et des heures de repas et de la toilette.

Les déplacements : ils sont autorisés avec la chaussure à appui talonnier le jour de l’intervention. Cette chaussure devra être portée durant quatre semaines après l’intervention. Bien entendu cette chaussure ne vous permet pas la reprise de la conduite automobile.

Le pansement : il sera fait le jour de l’intervention, puis il ne sera pas refait avant le 15° jour postopératoire lorsque l’infirmière retira les fils cutanés.

Les traitements postopératoires : un traitement antalgique et anti-inflammatoire vous sera indiqué pour lutter contre la douleur et un traitement anticoagulant pour une durée de 21 jours pour éviter tout risque de thrombophlébite.